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Présentation des colloques Version imprimable Suggérer par mail

Bose -1998 moines de Kovilj
...moines de Kovilj aux colloques...

III. Je suis convaincu que de ceci découle aussi un troisième élément, théologiquement plus important: la récupération de la dimension eschatologique du témoignage monastique, et donc du témoignage chrétien. Le monachisme devrait être une véritable épiclèse continue de la venue glorieuse du Seigneur, en se souvenant qu'il y a des réalités invisibles capables d'attirer, aprce qu'elles sont plus fortes que les réalités visibles. Ou les moines sont ceux qui, vraiment exercés, croient aux réalités invisibles, ou leur présence est comme celle du sel sans goût! Selon Basile de Césarée - ne l'oublions jamais -, le propre du moine est de "veiller chaque jour, chaque heure, à chaque moment, sen sachant que le Seigneur vient" et en invoquenat toujours sa Parousie. C'est la même conviction que j'ai retrouvée dans un passage de bernard de Clairvaux: "Mes frères, ce à quoi vous êtes appelés, et à quoi vous êtes voués par votre vie monastique, c'est le mode le plus excellent pour prophétiser. En quoi, vous les moines, devez êtres prophètes? Ne pas voir ce qui est visible, mais tenir le regard fixé sur l'invisible, tendre vers ce qui se tient devant, vivre de la foi seule (sola fide!), chercher les choses d'en haut. Naguère, les prophètes ont mérité ce nom parce qu'ils regardaient les réalités invisibles, le Christ, mais votre invisible, c'est le Royaume, c'est le Seigneur qui vient dans la gloire (Sermons divers 37,6).

Voici pourquoi je suis convaincu qu'en ville comme à la campagne, aucun lieu n'est inadéquat au monachisme. Le vrai problème est de savoir si le moine sait se tenir adossé au désert, s'il sait vraiment retrouver "L'homme caché dans le cœur" dont parle l'apôtre Pierre (1P 3,4), s'il sait conserver l'homme intérieure et le faire grandir et se fortifier, comme y appelle l'apôtre Paul (2Co 4,16). Si le monachisme est capable de cela, il trouvera encore des hommes et des femmes qu répondront dans la liberté et par aòour à cette vocation, et qui sauront à leur tour devenir pères et mères dans l'Esprit.

Une communauté monastique ne vit pas pour elle-même, mais elle ne vit pas davantage d'elle-même. La communatué des moines vit de la miséricorde de Dieu, mais elle est en même temps envoyée au monde, elle cherche à être un signe de l'amour de Dieu pour les hommes. Si l'on sent toujours davantage, en Occident surtout, la nécessité d'une authentique paternité spirituelle, c'est parce que face à un plus grand développement académique et culturel du christianisme, on a souvent de la peine à trouver des pasteurs capables avant tout de discernement, capables d'être pères dans la foi et non seulement protagonsites de l'environnement social.

Mais c'est peut-être précisément là le terrain essentiel pour un dialogue renouvelé entre les Églises d'Orient et d'Occident, si elles sauront se laisser interroger l'une l'autre par leurs expériences respectives et retrouver ensemble la manière la plus ocnforme à l'Évangile pour affronter les défis de la culture et du monde modernes.

Bose, septembre 2006

Enzo Bianchi, prieur de Bose

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