Abba Arsène disait: "Fuis, tais-toi et recueille-toi!"

Ils sont très peu, aujourd'hui encore, ceux qui se sentent appelés à imiter Arsène dans sa vocation radicale. Mais tous, nous pouvons tirer un enseignement limpide de ces trois simples verbes: fuis, tais-toi, garde le recueillement. Cherchons à les écouter comme s'ils nous étaient adressés à nous-mêmes.
« Fuis! » S'éloigner du lieu où l'on vit habituellement, faire un voyage même de courte durée, voilà un acte important, si on le vit de manière consciente: cela indique que notre environnement concret ne nous suffit pas, qu'un désir d'autres espaces nous habite. En nous tous réside l'aspiration à un « ailleurs »… Partir, c'est affirmer notre capacité à prendre les distances de notre quotidien, de notre travail, de la routine, pour nous interroger sur le rapport que nous entretenons avec notre cadre de vie et ceux qui nous entourent. Sommes-nous les esclaves de notre travail, de nos relations? Répondre, nous aussi, à l'appel adressé jadis à Arsène ne signifie pas échapper à notre quotidien par fugue, mais faire en sorte que chaque jour nous donne l'occasion renouvelée de vivre des rapports authentiques et féconds.