Abba Hypéréchios: Le jeûne, frein au mal

 

Comme nous le montre une autre anecdote qui relate le dialogue entre deux pères du désert, le jeûne ne peut en aucun cas avoir son but en soi-même, et conduire celui qui le pratique à se vanter de ses exploits ascétiques. Car alors, mieux vaudrait ne pas jeûner. Un père explique ainsi à un autre: « Depuis que j'ai pris l'habit monastique, je n'ai pas mangé d'animal tué. » Et l'autre de répondre: « Moi, depuis que j'ai pris l'habit, je n'ai pas laissé quelqu'un s'endormir avec un grief contre moi, et je ne me suis pas couché avec un grief contre quelqu'un. »

Oui, abba Hypéréchios et les autres pères du désert l'affirment, le jeûne doit faire passer la communion avant la consommation : il nous amène à contester l’avidité et à instaurer une attitude d’altérité, non seulement à l’égard de la nourriture, mais aussi dans le rapport aux autres et avec Dieu. C'est vrai, « l’homme ne vit pas de pain seulement », mais il vit avant tout des relations qu'il apprend à tisser jour après jour avec le Seigneur et avec les autres.

 

Ton ami Enzo.