Grégoire de Nysse: « De commencement en commencement… »

Pour lui, l’homme est un être en devenir, qui ne parvient jamais à la perfection, car il est toujours en proie aux forces négatives, au mal dont il se laisse séduire. La personne doit dès lors toujours à nouveau cheminer vers ce Dieu qui l’appelle, qui représente son désir infini, mais qui ne peut pourtant jamais être rejoint pleinement, si ce n’est dans la mort. Comme l’écrit Grégoire: « La vraie perfection – qu’est Dieu – ne peut jamais être atteinte, elle constitue toujours un mouvement vers le mieux; elle ne peut être contenue par aucune limite ». Et il reprend ailleurs: « La perfection n’a qu’une seule limite: c’est de n’en avoir aucune… »

Ainsi, tu le comprends, un disciple du Christ ne parvient jamais, dans sa vie, à être pleinement chrétien, ni l’Église, dans son pèlerinage vers le Royaume, n’épuise la plénitude de la vie chrétienne. Seul Dieu est en mesure d’achever l’œuvre qu’il a commencée dans le chrétien à travers le baptême (voir Ph 1,6). Oui, la vie chrétienne est un recommencement perpétuel, à travers lequel on cherche à se placer toujours de nouveau à l’écoute de Dieu qui nous parle, et à tout prédisposer continuellement pour mettre en pratique sa volonté!