Grégoire de Nazianze: « Si je n'étais à toi, ô Christ… »


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Panorama
novembre 2009
Je dirai une parole audacieuse ; oui, audacieuse, mais je la dirai: Si je n’étais à toi, ô mon Christ, quelle injustice ce serait !

PANORAMA
novembre 2009
par Enzo Bianchi, prieur de Bose

Cher Jean,

Laisse-moi commencer aujourd'hui en te citant une prière fervente: « Si je n’étais à toi, ô mon Christ, quelle injustice ce serait ! » Ces mots sont de la plume de Grégoire de Nazianze (329-390). C'est ce personnage que je voudrais aujourd'hui te présenter; il était très proche de Basile de Césarée, ce père éminent qui m'a tant inspiré et que j'ai déjà  évoqué pour toi.

Originaire, comme Basile, de la Cappadoce (actuelle Turquie), Grégoire devint son ami intime. « Il semblait que nous étions une seule âme dans deux corps », a écrit le Nazianzien pour évoquer cette amitié. Ensemble, ils s'établirent dans le Pont et y entreprirent la vie monastique; mais bien vite Grégoire retourna dans son pays, pour seconder son vieux père, à Nazianze. Sa vie ensuite n'est faite que d'hésitations, de volte-faces et d'incessants retours à la solitude. Ordonné prêtre, puis sacré évêque, contre son gré, par son ami Basile, il renonce chaque fois après quelques temps à exercer son ministère. De même, en 381, appelé à présider le concile réuni à Constantinople, Grégoire est dégoûté par les rivalités et les oppositions: il s'enfuit alors de la capitale impériale et se retire définitivement, pour se consacrer jusqu'à sa mort à la recherche de Dieu.