Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique


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L'Église, c’est le rassemblement en un seul corps de tous ceux qui ont mis leur foi dans le Christ mort et ressuscité, et dont ce dernier est la tête

Article d'Enzo Bianchi
Panorama, octobre 2013

Après avoir professé sa foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, le croyant est amené à dire, dans le Credo, son adhésion à l’Église. L’Église, objet de foi ? Oui, car elle est bien plus que l’institution que l’on connaît. L’Église, c’est l’assemblée mystérieuse des chrétiens de tous les temps (et donc aussi de ceux qui sont déjà auprès de Dieu), et provenant de tous lieux. C’est le rassemblement en un seul corps de tous ceux qui ont mis leur foi dans le Christ mort et ressuscité, et dont ce dernier est la tête.

L’Église que nous confessons dans la foi dépasse dès lors les clivages confessionnels. C’est pourquoi, parmi les quatre « notes » qui définissent l’Église, le Credo commence par dire qu’elle est « une ». Elle est certes plurielle, et non uniforme, mais elle réunit en Dieu tous les enfants qui, en disant « Notre Père », se déclarent frères et sœurs provenant d’une même origine, vers laquelle ils retournent.

L’Église ensuite est dite « sainte » : gardons-nous de comprendre ce terme trop superficiellement ; la sainteté de l’Église provient du fait qu’elle est corps du Christ. C’est lui le Saint qui sanctifie toute l’Église. Mais les membres qui la composent sont et restent pécheurs : ils ont toujours à nouveau besoin de la purification que Dieu leur accorde pour parvenir à la sainteté. À travers eux, l’Église est donc « à la fois sainte et pécheresse », comme disait Luther. D’ailleurs, Benoît XVI (et Jean Paul II avant lui) l’a souligné : « Nous croyons que l’Église est sainte, mais en elle se trouvent des hommes pécheurs. » Si l’Église n’est donc pas parfaite, certaines personnes souvent humbles et pauvres font pourtant rayonner dans le corps ecclésial les traits de la sainteté du Seigneur.

L’Église ensuite est « catholique » au sens fort du mot : l’Église est « ordonnée selon le tout », c’est-à-dire qu’elle est universelle. Chaque Église locale constitue ainsi, en communion avec les autres, un unique corps. Appartenir à l’Église, c’est refuser toute logique individualiste, toute forme de singularité, éviter l’isolement et, surtout, la suffisance.

L’Église, enfin, est « apostolique » : son enseignement repose sur celui des apôtres, ces témoins de la première génération qui ont connu, vu et écouté Jésus durant sa vie terrestre, et ont reçu du Ressuscité le commandement de transmettre son enseignement. À cette tradition, fondée sur la Bible, l’Église de tous les temps a le devoir de rester fidèle.

Oui, croire en l’Église c’est discerner une communauté de simples chrétiens que Dieu rend saints par la puissance de l’Esprit, en les faisant devenir conformes au Fils Jésus Christ. Croyons-le : sans l’Église, il n’y a pas de vie chrétienne non plus !