Unité et diversité de l’Église


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Article d'Enzo Bianchi
Panorama, janvier 2014
Qui agit et vit pour la communion avec le Christ ne peut pas, en même temps, ne pas agir et vivre pour la réconciliation et la communion avec ses frères et sœurs

Article d'Enzo Bianchi
Panorama, janvier 2014

Chaque année, en janvier, nous sommes invités à prier pour l’unité des chrétiens, mais à nous demander aussi – afin de pouvoir prier en vérité – ce que nous avons fait de la prière de Jésus au Père : « Que tous soient un. » Il s’agit pour nous de faire croître la capacité de reconnaître le frère dans la foi (même celui avec lequel la communion n’est pas pleine) comme appartenant à l’unique corps du Christ, d’instaurer avec lui une connaissance réciproque et un partage. Il n’est pas possible, en effet, d’être chrétien sans vouloir l’unité, sans faire tout ce qui est possible pour la communion. Qui agit et vit pour la communion avec le Christ ne peut pas, en même temps, ne pas agir et vivre pour la réconciliation et la communion avec ses frères et sœurs, membres de son corps même.

Dans cette recherche d’une authentique spiritualité de communion, la « forme » de l’Église primitive peut offrir une inspiration pour affronter certaines des exigences encore actuelles. En particulier, celle d’une communion plurielle. N’oublions pas que la pluralité est attestée dans les écrits fondateurs même de notre foi : quatre évangiles offrent leur témoignage différent de l’unique Seigneur Jésus. Non la fixité d’un livre, mais la dynamique de l’Esprit est à l’origine du christianisme. Dès le commencement, on trouve une pluralité d’expressions scripturaires, d’ecclésiologies, de conceptions christologiques, de pratiques liturgiques, de formes de mission, d’accents spirituels… Cette pluralité est une richesse de dons, elle nie tout fondamentalisme et tout intégrisme. L’unique vérité, qu’est Jésus Christ, est dite, célébrée, pensée de différentes manières.

À cette donnée néotestamentaire fondamentale fait aussi éco le concile Vatican II : si les particularités ne contredisent pas la communion, elles ne nuisent pas à l’unité mais la servent. Car la diversité manifeste que l’unité est une richesse et elle accroît sa valeur.

Oui, si l’Église « catholique » accueille la diversité comme un don, sans la considérer comme une anomalie, si elle sait recevoir avec gratitude les trésors qui proviennent des diverses cultures et traditions, partagés et discutés dans le dialogue entre Églises, alors elle devient véritablement le corps du Christ, où resplendit « la multiforme sagesse de Dieu » (Ep 3,10), « la multiforme grâce de Dieu » (1P 4,10).

Enzo Bianchi