« Notre Père qui es aux cieux… »

par ENZO BIANCHI
tenue à Lourdes à l'occasion d'Ecclésia 2007, le rassemblement des catéchètes de tous les diocèses de France

Méditation tenue le samedi 27 octobre 2007 à Lourdes par le prieur de Bose Enzo Bianchi à l'occasion dEcclésia 2007, le rassemblement des responsables de catéchèse de tous les diocèses de France, avec la participation de quarante évêques de la Conférence épiscopale française.


« Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié »

La prière que le Seigneur a enseignée à ses disciples commence par l'invocation: « Notre Père » (comme nous le prions ordinairement en suivant le texte de l'évangile de Matthieu) ou simplement « Père » (dans la version de l'évangile de Luc). C'est une adresse simple, directe, chargée d'affection et de tendresse: elle révèle immédiatement le visage du Dieu auquel les croyants s'adressent. Dieu est certes Saint, Créateur et Sauveur, mais il peut être invoqué aussi comme Père – Abba, dans l'araméen de Jésus, c'est-à-dire « papa, père bien-aimé ».

Cette invocation définit notre Dieu, mais elle signifie également quelque chose pour nous, qui la disons. Nous y exprimons notre ardent désir de l'authentique paternité consolatrice de Dieu. Et surtout, nous y confessons notre origine. Car parmi les grandes questions qui habitent notre cœur, il en est une qui résonne constamment: « D'où venons-nous? ». En appelant Dieu Père, nous affirmons que l'origine de notre existence est en lui, que nous avons été voulus, pensés, aimés et appelés à la vie par ce « Père qui est aux cieux ». Cette certitude donne son sens à notre vie et nous permet d'articuler notre foi en des comportements quotidiens.

Ce Dieu « qui est aux cieux » n'est toutefois pas un père terrestre: nous reconnaissons sa différence radicale d'avec nous, son altérité, ce que la Bible appelle sa sainteté. C'est le sens de la première demande de la prière du Seigneur: « Fais reconnaître à tous que tu es Dieu ». Si le Nom indique l'identité, c'est-à-dire la vérité profonde d'une personne, il y a équivalence entre le Nom et la personne. Et si Dieu est saint, son Nom doit donc être sanctifié. Lorsque nous demandons à Dieu de « sanctifier son Nom », nous l'appelons à se faire reconnaître pour ce qu'il est réellement, à se manifester à travers son action efficace dans l'histoire. Et nous nous prédisposons nous-mêmes à être inspirés par lui pour témoigner de sa présence et de sa sainteté parmi les hommes et les femmes de notre temps.